Les olympiques de la souffrance

22/12/2011

Les Jeux Olympiques m'ont amené à penser que nous pourrions organiser des sortes d'Olympiques de la souffrance. Pour monter sur le podium et se mériter les honneurs, un participant devrait faire valoir ses souffrances les plus intimes et raconter les coups les plus douloureux de son destin personnel. Une enfance difficile où quelqu'un s'est senti rejeté par sa mère ou par son père pourrait se mériter une participation aux jeux. Si cela s'est accompagné de sarcasmes et d'humiliations, nous pourrions entrevoir une médaille de bronze. Ceux et celles qui ont été victime d'abus de toutes sortes se verraient décerner des médailles d'argent. La plus haute marche du podium serait réservée aux victimes de véritables traumas. Violé(e), battu(e), séquestré(e) aurait une chance de remporter une triple médaille. Nous prendrions exemple sur l'ex-président Marcos des Philippines qui aimait exhiber les cicatrices de ses blessures de guerre aux journalistes, question de prouver sa virilité et sans doute de justifier des décennies d'exploitation de son propre peuple. Comme il était le plus meurtri, il pensait sans doute avoir droit à la plus grande sollicitude.

Le spectacle du monde

01/02/2012

Lorsque j'ai commencé mes études universitaires, un professeur en psychologie de la publicité m'avait choqué en affirmant : « Le journal télé apporte les mauvaises nouvelles, la publicité apporte les bonnes. » Je me révoltais devant une idée aussi simpliste. Elle me semblait un affront à l'intelligence humaine. Pourtant, que de sagesse dans ces mots ! 

La joie résulte d'un choix

14/11/2011

Le mois dernier, je vous proposais l'exercice suivant : maintenir en vous un état de joie le plus longtemps possible. Si vous avez tenté l'aventure (ou si vous la tentez dans les prochains jours, car elle reste d'actualité) vous vous êtes sans doute rendu compte qu'aussi fascinant que puisse être l'exercice, il est difficile d'y rester attentif très longtemps. Toutes sortes de choses interpellent notre attention et bientôt nous glissons sans même nous en rendre compte en dehors du projet initial de maintenir une légèreté joyeuse en soi.

 

La voie de la joie

30/09/2011

Notre passé judéo-chrétien nous a ouvert à des conceptions de la voie spirituelle liées à des pratiques questionnables comme l'ascétisme ou l'abstinence sexuelle. Nous connaissons tous les excès mortifères que cela a entrainés. Même au niveau de l'évolution psychologique, il est difficile de ne pas entrevoir les complexes que nous découvrons en nous comme de nouveaux péchés dont il faudrait se débarrasser. Le passage dans le bureau du psy s'apparente la plupart du temps à une sorte de carême qui, hélas, dure beaucoup plus que quarante jours.

 

Et délivrez-nous de l'espoir

09/09/2011

Le petit conseil entendu à la radio, le témoignage de quelqu'un que nous aimons, quelques lignes d'une chronique, tout cela nous donne de l'espoir. Et cette forme d'espoir stimule la vie en nous. Elle nous fait entrevoir des jours meilleurs. Il n'y a rien de plus normal. Toutefois, l'espoir a un aspect plus sombre : il nous amène à remettre sans cesse à plus tard la raison même de notre existence, le bonheur. À quoi bon attendre d'aller mieux pour être bien? À quoi bon attendre que la douleur cesse pour aller mieux? À quoi bon attendre la guérison pour goûter la vie?

Au bar de la vie

07/07/2011

Accoudé au bar d'un restaurant bruyant, je discutais avec une amie qui contemplait avec nostalgie ses années d'innocence.

- Comment se fait-il qu'il y a tant de gens qui sont heureux sans se poser de questions, commença-t-elle ? Je voudrais simplement vivre de façon spontanée et légère en arrêtant de me prendre la tête.

- Mais qu'est-ce qui te dit que ces gens sont heureux ? Pour moi, lui dis-je, la spontanéité et la légèreté ne sont pas au début, ils viennent à la fin. Ils sont le résultat d'une culture de soi.

- Une culture ?

 

Rêves d'abondance

09/06/2011

Nous désirons de l'abondance et parmi les formes d'abondance souhaitées, l'amour et l'argent occupent une place prédominante.

Mais en quoi consiste la véritable abondance ? Réside-t-elle dans la possession d'une belle maison, d'une grande fortune ou d'un conjoint amoureux ? Ou réside-t-elle plutôt dans une abondance de joie en soi ? En réalité, l'abondance est intérieure. Les autres formes d'abondance contribuent à notre bonheur intérieur, ils ne le font pas. Si c'était le cas, tous les gens bien nantis et bien mariés seraient des exemples de félicité, ce qui est loin d'être le cas.

De même, avant de vous confondre en prières de toutes sortes à Dieu ou à l'Univers pour qu'il vous accorde, tel un père aimant ou un Père Noël bienveillant, les biens demandés, ne serait-il pas sage de reconnaître d'abord l'abondance dont vous jouissez déjà ?

Le moi et l'individualité

20/12/2010

Le moi : la pierre d'angle de l'individualité

 Dans cette série d'articles consacrés à l'interface entre la psychothérapie et la spiritualité, je désire parler de la notion du « moi » car il est la pierre d'angle de toute démarche intérieure. Pourtant, il existe autour de cette notion de nombreux malentendus.


La loi d'attraction

20/05/2011

Il est toujours intéressant d'observer le moment où survient un accident, une rupture où une maladie car, la plupart du temps, les circonstances extérieures reflètent notre état intérieur. Cela est difficile à reconnaître car nous sommes souvent inconscients de ce qui se passe réellement en nous. Mais il semble que nous ayions tendance à attirer, à répétition, des circonstances et des conflits qui en forçant notre attention peuvent nous aider à solutionner ce qui empêche notre plein épanouissement.

 

Pourquoi la main droite ne sait pas ...

31/01/2011

Pourquoi la main droite ne sait pas ce que fait la main gauche

Il suffit de s'observer au cours d'une journée pour se rendre compte que l'on n'est pas toujours présent à ce que nous faisons. En réalité, dans notre vie quotidienne, il y a de longues plages d'absence et d'inconscience. Il s'agit de notre état naturel pour ainsi dire, un état où règne l'indifférenciation. De temps à autre nous émergeons pour reprendre contact avec nous-même et nous réalisons alors que nous existons en tant qu'entité séparée. Cette réalité est perturbante en soi. Elle l'est encore plus si vous êtes à même de constater que ce n'est jamais tout à fait la même personne qui est là. Par exemple, vous vous êtes sans doute déjà aperçu que vos états intérieurs peuvent changer en l'espace de quelques minutes.

 

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