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La joie résulte d'un choix

14/11/2011

Pourtant cette joie est là. Les tibétains disent même qu'elle est le sol lumineux sur lequel s'établit toute vie humaine et que c'est ce que toute personne réalise lors d'états spontanés de béatitude ou d'extase, qu'ils durent quelques minutes ou plus longtemps. Et puisque c'est là, pourquoi ne pas mettre le cap dessus volontairement ? Car nous pouvons choisir nos états intérieurs. C'est même là le sens profond d'une démarche qui mène à la maîtrise ou à la sagesse. Le sage ne prétend pas contrôler ce qui se passe autour de lui, il décide plutôt d'agir sur ce qui se passe en lui. Cette décision est accessible à tous. Comme le peintre choisit les couleurs qui vont orner son tableau pour créer harmonie et beauté, de la même façon nous pouvons arriver à choisir les couleurs et les teintes qui vont colorer notre existence. On devient ainsi l'artiste de sa vie.

En faisant l'exercice, il est intéressant de noter ce à quoi nous accordons de l'attention dans la journée. On réalise rapidement que la plupart de nos pensées et de nos sentiments prennent naissance dans nos insécurités tant affectives que matérielles. Si les noeuds sont trop profonds, il est utile de se tourner du côté de la psychothérapie pour arriver à les comprendre et à les défaire peu à peu. L'entreprise psychothérapeutique éclaircira la réalité des répétitions et offrira une voie possible de dégagement. Elle favorisera le choix de vivre plus près de sa véritable nature et plus près de l'expression de ses dons. Toutefois, cette nécessaire connaissance des sources ne saurait suffire. Elle peut servir un choix plus radical encore, celui de se dégager de ce passé, de s'en détacher, de s'en alléger et de vivre en favorisant la légèreté et la joie. Voilà l'objet de la véritable voie spirituelle. Pour cette dernière, une fois que les noeuds émotifs sont compris, il ne sert à rien de s'y attarder. Elle propose plutôt de choisir ses états intérieurs.

Un choix qui peut faire une différence réelle

Il s'agit essentiellement de considérer qu'à partir d'un certain niveau de confort et de conscience, un être humain ne doit son malheur ou son bonheur qu'à lui-même. Il n'est donc victime d'aucun passé dont il ne peut se dégager. Il est en somme créateur de sa vie à un degré qui peut donner le vertige quand il en prend conscience, surtout si cet être a toujours usé de la commodité de se dire une victime d'un passé qui aurait laissé une trace indélébile. À bien y penser, la seule chose qui peut faire une différence réelle dans une existence est le choix qui consiste à entrer dans une voie d'éveil conscient. On peut ainsi envisager de passer d'une existence automatique à une existence plus volontaire. Ce genre d'existence invite à choisir soi-même les éléments qui la composent, et à s'orienter en toute liberté vers le bonheur.

On peut juger qu'une telle idée est farfelue tellement nous sommes emportés toute la journée par des états émotionnels qui nous possèdent. C'est ignorer qu'à notre insu nous créons déjà notre vie, non pas volontairement, mais inconsciemment. Ce sont nos conditionnements, nos complexes, nos mémoires du passé, qui vivent à notre place. Ils nous font faire des choix dont nous ignorons les fondements. Une vie dite normale est ainsi faite. Et lorsque l'on a assez de cet état de choses, lorsque l'on en a assez de voir venir et partir le malheur ou le bonheur par accident, on décide de mettre la main à la pâte et de changer de cap. La grande aventure commence.

Nous verrons le mois prochain ce que cela implique. En attendant, n'oubliez pas de noter ce à quoi vous accordez votre attention dans une journée. Vous réaliserez, avec surprise peut-être, que vous privilégiez bien peu de choses qui servent réellement au bonheur dont vous rêvez ! Cette prise de conscience deviendra si vous le souhaitez un véritable outil de changement.


Commentaires des internautes (4)

  • Nadine 22/12/2011

    Vous lire me rend joyeuse.,et silencieuse.

    En route pour la voie de l'illumination...et plus concretement vers le retour à sa propre divinité ...
    je vous aime Guy Corneau et votre belle vibration résonne dans chacune de mes cellules
    Merci

  • la menestrelle 08/12/2011

    Je suis psychothérapeute et depuis quelques temps (1 an) j'ai changé l'intitulé de mon titre en mettant sur ma carte de visite: thérapeute psycho-spirituelle. Ce terme, je l'ai emprunté à un psychothérapeute qui est très proche de Guy dans sa conception de l'être humain. En effet, dénouer les problématiques est pour moi juste une étape dans le travail thérapeutique, ensuite, ou en même temps, tout dépend du consultant, je les aide à se connecter à " la source de joie intérieure", qui n'est jamais malade ou en souffrance. Comme je leur dis, c'est la partie de soi la plus pure et celle qui nous permet de guérir. Pour la trouver il suffit comme le dit si bien Guy, d'accéder à la joie intérieur et l'art, le sport sans compétition, la cuisine etc..Toutes ces choses qui font du bien nous y aident. La plus puissante étant l'amour. Aimer, un enfant, un ami, un parent etc...c'est bien souvent le meilleur "médicament". Paroles de patients.....
    Pour ma part, je trouve chaque jour un prétexte pour me réjouir, parfois c'est simplement de sentir la vie qui coule intensément dans mes veines, et tout est illuminé. Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes, entourés de votre famille ou vos amis. Et pour ceux qui sont seuls, beaucoup d'associations organisent des Noels,
    Denise Allal Aucourt

  • Agnès André-Van de Woestyne 03/12/2011

    Pour maintenir une émotion donnée et la faire colorer la vie quotidienne, il est nécessaire, en outre, de pratiquer une spiritualité subsidiaire. Grâce à la spiritualité que l'on adopte, on acquiert la capacité de concentration mentale suffisante pour faire perdurer une émotion. Par exemple la méditation bouddhiste permet d'apprendre à transformer les sensations momentanées en état d'esprit permanent : c'est le stade "éveillé". Avec la pratique continuelle et l'intégration du mode méditatif dans la vie quotidienne, c'est possible d'être habituellement joyeux/se. On peut aussi utiliser certaines drogues douces qui ont pour propriété de stimuler l'activité neuronale du cerveau et donc, mécaniquement et physiobiologiquement, apprendre à son propre cerveau à adopter une perspective joyeuse pour le processus de l'idéation, c'est à dire, la capacité de produire des idées et des pensées. Et quand on cumule la méditation ou toute autre pratique spirituelle et la prise responsable de drogues douces, on s'accorde les moyens d'être joyeux/se de manière durable.

  • catherinea 15/11/2011

    La joie a parfois un caractère magique quelque chose d'une grâce accordée par les Dieux, par son Dieu intérieur dans un phénomène de synchronicité qui nous révèle à nous même notre propre joie profonde d'exister. Elle nous surprend là où l'on ne s'y attendait pas, mais comme vous le disiez justement Guy, seulement si nous en avons fait le choix, si tout notre être est prêt à l'accueillir, la ressentir, l'éprouver. La joie est synonyme alors d'ouverture de coeur, et donc de cette capacité à aimer. Aimer c'est accueillir l'autre, la nature, l'art dans sa beauté, s'extasier et s'émerveiller sans cesse de cette beauté qui nourrit l'âme et le corps. La beauté n'a rien à voir avec la perfection...On peut s'extasier d'un olivier tout tordu, déchiré par les intempéries du vent et de la pluie, mais majestueux dans son combat pour exister ! Comment ouvrir son coeur et aimer vraiment est la question essentielle à mes yeux. Guérir de sa souffrance qui annihile la joie, de ses blessures de coeur qui empêchent d'aimer vraiment pour ressentir la joie profonde de vivre. Vivre en harmonie avec notre moi profond qui de sa petite voix intérieure nous dicte le meilleur chemin à prendre. Paradoxalement, ayant un cancer depuis neuf ans et de ce fait une « proximité » d'avec la mort, la fin ultime de toute joie terrestre, j'en ai pris la mesure, la préciosité. Quand j'éprouve de la joie, j'en ai même les larmes aux yeux tant je le vis intensément de par la prise de conscience de son caractère transitoire, éphémère d'une part, de par son sa propre intensité d'autre part, et peut-être de par mon aptitude à accueillir ce sentiment de joie que le cancer m'a donnée si généreusement... Oui, le cancer est une école de la vie qui nous fait avancer à pas de géant. Je ne le souhaite à personne mais en ce qui me concerne c'est une expérience d'une grande richesse que je ne regrette pas. Je suis sur la voie de la guérison et je tiens à remercier Guy Corneau pour son beau témoignage dans son livre, sa conférence merveilleuse (à laquelle j'ai assisté à dijon!), ses ateliers santé et ce blog qui nous aident incroyablement.
    Avec toute mon admiration,
    Catherine

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